Histoires · Survie et espérance
Prier depuis les profondeurs : José Henríquez et l'espérance sous l'Atacama
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Cantique des montées. Des profondeurs je crie vers toi, SEIGNEUR.Psaumes 130:1 (Espérance) · SBL
Image indisponible: Panorama désertique près de San Pedro de Atacama, au Chili ; illustration contemporaine, et non la mine San JoséQuand la sortie cessa d’être un chemin
En août 2010, l’effondrement de la mine San José, au nord de Copiapó, bloqua 33 travailleurs sous le désert d’Atacama. La NASA rappelle que dix-sept jours s’écoulèrent avant que leurs familles apprennent qu’ils étaient vivants. Les retrouver ne signifiait pourtant pas encore pouvoir les faire sortir.
José Henríquez était parmi eux. Pour nous qui regardons cette histoire depuis son dénouement, le nombre trente-trois annonce un sauvetage. Pour eux, c’était une communauté qui devait traverser un présent sans connaître la date de sa délivrance. Cette différence compte : leur espérance ne disposait pas encore des images de la fin.
Une journée de travail avait fait place à une attente qu’aucune routine familiale ne pouvait facilement absorber. Dehors se trouvaient ceux qui ne pouvaient pas descendre les chercher par leurs propres moyens. Dedans, des hommes dont l’avenir dépendait de tâches accomplies par d’autres, hors de leur portée. La distance ne se mesurait pas seulement en roche.
Nous ne connaissons pas toutes les pensées de José et il est inutile d’écrire comme si nous avions été là. Nous disposons de quelque chose de plus responsable qu’une scène imaginée : son témoignage ultérieur sur la foi avec laquelle il affronta l’enfermement. Avant de devenir une histoire à raconter, ce fut une attente à vivre.
Un compagnon à qui l’on confia la prière
Dans l’entretien diffusé par Church Mission Society, Henríquez expliqua qu’en répartissant les responsabilités, il prit en charge la prière. Il associait sa confiance à Jésus-Christ et à une présence de Dieu ressentie intérieurement. Son récit exprime la conviction spirituelle de ne pas être abandonnés, non la présence visible d’un autre occupant.
Ce rôle mérite notre attention sans faire de lui le seul homme important du groupe. Accompagner ne signifie pas remplir toutes les fonctions. Une communauté en danger a besoin de capacités différentes et la foi de José n’effaçait ni l’expérience ni les décisions de ses compagnons. Sa contribution prenait place aux côtés des autres.
Il importe également de ne pas fondre tous ces hommes dans une conscience unique. Trente-trois personnes ne ressentent pas et ne croient pas de manière identique. Nous pouvons écouter la foi exprimée par Henríquez sans attribuer à chaque mineur les mêmes paroles, ni faire d’une survie collective la preuve d’une uniformité religieuse.
Pour le lecteur chrétien apparaît ici une forme concrète de service : offrir ce qui peut soutenir l’autre sans s’approprier son histoire. Quand nous ne pouvons pas ouvrir une sortie, nous pouvons encore écouter, accompagner et prier. Ce n’est pas tout ce qui est nécessaire ; cela peut néanmoins constituer une part véritable de l’aide.
Des paroles qui purent aussi descendre
L’American Bible Society documenta l’envoi de Bibles Reina-Valera 1960, fournies par la Société biblique chilienne, à travers le conduit de communication. La demande venait des mineurs eux-mêmes. La lecture biblique n’appartenait pas seulement à la célébration ultérieure : elle trouva sa place pendant l’attente sous terre.
Ce n’étaient pas des outils de forage et il serait malhonnête de les présenter comme des remplaçants des machines. Leur fonction était différente. Un texte peut aider à nommer ce qui n’a pas encore de solution ; il peut donner des mots à celui qui ne sait plus comment exprimer son besoin.
Interrogé par la Société biblique chilienne en avril 2011, José plaça Jésus au centre de sa foi et souligna la prière. Parmi les passages importants durant l’enfermement, il mentionna 1 Timothée 2 ainsi que les psaumes 95 et 130.
Le psaume qui ouvre cette histoire n’est donc pas un décor choisi seulement parce qu’il parle de profondeur. Henríquez lui-même rappela son importance. Nous affichons la version SBL de notre lecteur, et non l’édition descendue dans la mine. Dans cette ancienne prière, le cri monte d’en bas ; il n’attend pas que celui qui prie ait réussi à se mettre à l’abri.
L’espérance travaillait aussi à la surface
Les conduits permettaient d’envoyer nourriture, eau, médicaments et communications. Selon la présentation de J. Michael Duncan, la NASA apporta, à la demande du Chili, une équipe de soutien aux compétences médicales, psychologiques et techniques. La documentation décrit une coopération au service de l’opération chilienne, non un sauvetage accompli par une seule institution.
Lorsque nous parlons de foi, il convient de garder ces personnes dans l’histoire. Remercier Dieu n’exige pas de rendre invisible celui qui calcule, fore, soigne ou coordonne. Reconnaître le travail humain ne diminue pas la gratitude ; cela peut la rendre plus précise et plus attentive aux autres.
La marine chilienne décrit la capsule Fénix II, construite à ASMAR Talcahuano, et la descente de sauveteurs pour aider les hommes bloqués. Elle documente aussi l’évaluation médicale initiale et le transfert vers les soins hospitaliers. Sortir nécessitait préparation et attention, pas seulement l’instant de la remontée.
Cette lecture de Romains accompagne notre réflexion ; nous ne la présentons pas comme une phrase prononcée par José pendant l’opération :
Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l’affliction. Persévérez dans la prière.Romains 12:12 · SBL
Persévérer ne signifie pas rester les bras croisés. Dans une crise, prière et responsabilité peuvent marcher ensemble : l’une reconnaît notre besoin ; l’autre nous appelle à agir avec toute l’attention dont nous sommes capables.
Le vingt-quatrième retour
BioBioChile rapporta le 13 octobre 2010 que José Henríquez fut le vingt-quatrième mineur secouru. Ce détail le replace dans une suite humaine : des compagnons étaient déjà sortis, d’autres devaient encore le faire. Son sauvetage personnel appartenait à une tâche qui ne s’achevait pas avec lui.
Ce nombre ne détermine pas qui méritait davantage de revenir. Il rappelle plutôt que chaque retour comptait et que la joie collective devait faire place à tous. Lorsque nous connaissons un visage ou une voix, nous risquons d’oublier ceux qui ne sont pas au premier plan du récit. L’histoire de José appartient aussi à une communauté.
Les retrouvailles ne permettent pas d’affirmer que toute souffrance avait disparu. En 2011, un reportage diffusé par RTÉ décrivit les difficultés des mineurs après le sauvetage, notamment la pression de l’attention publique. Henríquez y refusa une interprétation faisant d’eux des héros et attribua à Dieu l’unité qu’ils avaient trouvée.
La vie après une urgence a elle aussi besoin de présence. Elle ne s’achève pas lorsque les caméras s’éteignent ou qu’une nouvelle reçoit son dernier titre. Célébrer un survivant devrait inclure la volonté de respecter son intimité et d’écouter ce qu’il lui est encore difficile de porter.
Une foi qui n’a pas besoin d’effacer les blessures
José interpréta son expérience à travers sa confiance en Jésus-Christ. Nous pouvons recevoir ce témoignage sans en faire une explication mécanique de la survie des uns et de la mort des autres. Mourir dans une autre tragédie ne prouve pas une foi moindre. La douleur d’une famille ne doit pas servir de contraste pour agrandir l’histoire d’une autre.
Ce sauvetage ne rend pas non plus acceptable un danger évitable. Prier pour des travailleurs implique de s’intéresser à leur sécurité, à leurs conditions et à l’accompagnement qu’ils reçoivent. Un récit inspirant perd sa vérité s’il nous fait admirer leur endurance tout en oubliant notre responsabilité envers eux.
Ce qui demeure dans cette histoire chilienne, c’est une espérance qui dut coexister avec l’attente. Il n’était pas nécessaire de connaître la date du sauvetage pour se tourner vers Dieu. Il n’était pas non plus nécessaire de nier le besoin d’aide pour lui faire confiance. Sous terre, il y eut la prière ; à la surface, des mains travaillaient à ouvrir un chemin.
C’est peut-être son invitation la plus proche : ne pas confondre notre incapacité à tout résoudre avec l’impossibilité d’accompagner. Nous pouvons demander de l’aide, en offrir et prier de nouveau quand les mots semblent petits. Le psaume commence dans les profondeurs. Précisément là où notre force n’atteint plus, un cri peut encore commencer.
Sources et contexte
- NASA Earth Observatory: aislamiento, contacto y ayuda a la mina San José
- J. Michael Duncan, NASA: equipo asesor y apoyo al operativo chileno
- Church Mission Society: entrevista de Mark Tallentire a José Henríquez
- Sociedad Bíblica Chilena: entrevista del 21 de abril de 2011
- American Bible Society: Biblias enviadas a los mineros
- Armada de Chile: personal, cápsula y atención durante el rescate
- BioBioChile: rescate de José Henríquez el 13 de octubre de 2010
- RTÉ: los mineros recuerdan el rescate y las dificultades posteriores
Le récit ne contient ni dialogues ni pensées intimes inventés. Les versets et la réflexion finale sont une application éditoriale, et non des paroles attribuées au protagoniste.
Que Dieu continue de vous bénir et que vous passiez une excellente journée en Jésus-Christ !
Recueil de chants