Histoires · Famille, soin et espérance

Un foyer après le feu : Susanna Wesley et la foi qui apprit à recevoir de l'aide

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Au chef de chœur. Des fils de Koré. Sur alamoth. Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse.Psaumes 46:1 (Refuge) · SBL

Chaumière anglaise à Faringdon ; illustration contemporaine, et non maison des Wesley
Ben Prater / Pexels

La maison qui ne pouvait plus les protéger

Dans la nuit du 9 février 1709, le presbytère d’Epworth cessa d’être un refuge. Le feu avait atteint la demeure de Samuel et Susanna Wesley. Quelques mois plus tard, elle écrivit à un pasteur des environs pour raconter ce qui s’était passé. Son récit conserve davantage que le dénouement : il conserve la difficulté de sortir.

Susanna était malade. Elle ne pouvait ni grimper vers les fenêtres comme certains des enfants, ni atteindre la petite porte donnant sur le jardin. Selon sa lettre, elle tenta trois fois de franchir l’entrée principale, mais les flammes la repoussèrent. Elle demanda alors de l’aide au Sauveur et parvint à passer, avec des brûlures aux mains et au visage.

C’est son témoignage de foi dans une situation extrême, non une consigne pour affronter un incendie ou une garantie d’immunité. La prière ne rendit inutiles ni les issues, ni les efforts de la famille, ni l’aide des voisins. Cette nuit-là, la survie passa par de nombreuses mains.

Un enfant était encore à l’intérieur

Alors que plusieurs membres de la famille étaient déjà en sécurité, John se trouvait toujours à l’étage. Samuel ne put le rejoindre par l’escalier en flammes. Les souvenirs familiaux ne s’accordent pas sur chaque détail concernant le réveil de l’enfant ou les pleurs qu’ils auraient entendus. Ils s’accordent cependant sur l’essentiel : quelqu’un devait atteindre la fenêtre.

Dans le souvenir laissé plus tard par John, un homme prit appui contre le mur et un autre monta sur ses épaules pour le sortir. Son récit situe l’effondrement du toit immédiatement après. Nous n’avons pas besoin d’ajouter une conversation dramatique pour reconnaître le risque pris par ces voisins.

L’histoire est souvent racontée en pensant au futur prédicateur. Mais pour Susanna, il n’était pas encore le fondateur d’un mouvement. Il était son fils, l’un des enfants dont elle devait prendre soin dans l’urgence. Les autres survivants n’étaient pas non plus des personnages secondaires d’une biographie célèbre.

La reconnaissance pour cette vie sauvée peut coexister avec un regard plus large. Ceux qui agirent, les enfants qui sortirent et la mère qui eut elle aussi besoin de secours appartiennent au même sauvetage. La foi n’efface pas la présence de ceux qui aident.

Après le feu, la séparation

L’incendie prit fin ; ses conséquences, non. Les enfants durent loger dans d’autres familles pendant la reconstruction de la maison. Susanna ne pouvait plus accompagner de près le quotidien de chacun. Pour une mère si attentive à leur éducation, cette séparation constituait une difficulté concrète, non une simple pause entre deux chapitres.

La correspondance familiale laisse également apparaître les besoins matériels. En juin, son fils aîné, Samuel, écrivait de Westminster pour demander si son père reconstruisait la demeure, ce qui avait été sauvé et comment ils allaient. Il se plaignait de recevoir trop peu de nouvelles. La distance ne se résolvait pas par un appel téléphonique : il fallait attendre les lettres.

Eliza Clarke, dont la biographie de 1886 reproduit ces documents, raconte qu’Emilia demeura auprès de sa mère et s’occupa d’elle. Cette fille mérite de rester dans le récit. La femme qui enseignait, organisait et prenait soin des autres ne traversa pas seule sa convalescence. Elle fut soutenue à son tour.

Nous ne connaissons pas chaque journée de ces mois. Nous connaissons la perte d’un foyer et l’aide nécessaire pour le réunir de nouveau. Remercier Dieu d’avoir survécu ne signifiait pas que vêtements, logement, repos et présence étaient devenus inutiles.

Ouvrir de nouveau un lieu pour écouter

La maison fut reconstruite. Des années après l’incendie, pendant les absences de Samuel, Susanna commença à consacrer une partie du dimanche à lire et à instruire ses enfants ainsi que les personnes travaillant au foyer. Elle ne commença pas en annonçant une grande œuvre publique. Elle répondait à une responsabilité placée devant elle.

Dans sa lettre du 6 février 1712, elle explique comment d’autres personnes arrivèrent. Un jeune homme de la maison en parla à ses parents ; ils demandèrent à venir, puis d’autres voisins firent de même. Le groupe grandit. Susanna affirme qu’une fois plus de deux cents personnes étaient venues, mais il s’agit de son estimation, non d’un décompte indépendant.

La lecture de récits missionnaires avait accru son désir de servir. Elle choisit des sermons à lire, parla avec davantage de proximité et consacra plus de temps aux visiteurs. La voix qui avait demandé secours pendant l’incendie offrait maintenant un lieu pour entendre des paroles d’espérance.

Il n’est pas nécessaire d’affirmer que le feu causa directement ces réunions. Les documents n’établissent pas ce lien. Ils permettent de voir une même vie : quelqu’un qui reçut de l’aide et qui, avec le temps, trouva de nouvelles manières d’accompagner.

qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que nous puissions consoler ceux qui traversent toute sorte d'affliction, par la consolation que nous recevons nous-mêmes de Dieu.2 Corinthiens 1:4 · SBL

Quand servir demandait aussi de s’expliquer

Les réunions suscitèrent des objections. Son mari lui écrivit au sujet de cette pratique inhabituelle, de sa condition de femme et des conséquences pour sa position publique. Susanna ne répondit pas en faisant comme si ces questions n’existaient pas. Elle expliqua par lettre pourquoi elle estimait nécessaire de continuer.

Des personnes lui étaient confiées, écrivait-elle, et elle comprenait cette responsabilité devant Dieu. La foi ne devait pas être enfermée dans un lieu particulier ni disparaître de la conversation quotidienne. Pour elle, lire et instruire sa famille constituaient un service, et accueillir les voisins n’en changeait pas automatiquement le but.

Ses lettres ne décrivent pas non plus une assurance sans faille. Elle reconnaît des doutes sur le fait de conduire les prières devant tant de visiteurs, dans les conventions de son époque. Elle avait envisagé de les renvoyer auparavant, mais ils demandèrent à rester. Cette hésitation rend son courage plus humain : elle n’avait pas besoin d’être absolument certaine de tout pour réfléchir sérieusement.

La Susanna historique ne doit pas devenir un manuel parfait. Certaines de ses idées disciplinaires et de ses appréciations sociales appartiennent à un temps que nous ne devons pas imiter sans examen. Reconnaître sa foi et sa capacité d’enseigner n’oblige ni à recommander la dureté envers les enfants ni à idéaliser les tensions de son mariage.

Un foyer soutenu par plusieurs personnes

En regardant ensemble ces scènes, nous trouvons davantage qu’une famille célèbre. Nous trouvons une femme empêchée de sortir, une prière adressée au Christ, des voisins qui secourent, des enfants accueillis ailleurs et une fille qui reste. Puis apparaissent des livres ouverts et des personnes qui demandent à écouter.

Aucune de ces scènes ne permet de conclure que toutes les pertes se résolvent de la même manière. D’autres familles ne survivent pas à un incendie, et non parce qu’elles auraient moins de foi. La reconnaissance de Susanna appartient à son expérience ; elle ne peut devenir un jugement sur ceux qui pleurent une autre issue.

Son histoire rappelle pourtant que demander de l’aide et en offrir ne sont pas des rôles incompatibles. La personne qui a besoin d’un refuge aujourd’hui pourra servir demain, sans devoir le faire immédiatement ni prouver sa valeur en s’épuisant. Le rétablissement demande aussi du temps et des personnes prêtes à rester.

La maison d’Epworth fut rebâtie. Plus important encore, elle offrit des occasions d’apprendre, de discuter, de prier et de s’accompagner. Dans le témoignage de Susanna, la confiance en Jésus ne rendit pas le foyer invulnérable. Elle lui permit de nommer celui qu’elle appela quand tout brûlait, puis de continuer à chercher comment prendre soin des autres.

Sources et contexte

Le récit ne contient ni dialogues ni pensées intimes inventés. Les versets et la réflexion finale sont une application éditoriale, et non des paroles attribuées au protagoniste.

Que Dieu continue de vous bénir et que vous passiez une excellente journée en Jésus-Christ !
Recueil de chants

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